Fais-toi confiance

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Sois confiante et positive, voila des mots que je me répète souvent. Ils me semblent absolument nécessaires pour avancer mais j’avoue que la confiance que je m’accorde est assez bancale. Le sentiment de confiance en soi est un sentiment très profond, comme une base ancrée en nous et qui contribue à notre équilibre émotionnel, notre faculté à nous réinventer, aimer, embrasser la vie…plus j’y réfléchis, plus je pense qu’une peur primale obstrue cette confiance dite élémentaire.  J’y réfléchis mais je ne trouve pas la « solution » mais ce n’est pas grave, en attendant je lis des livres…

Il y a quelques jours, j’ai terminé « Fais-toi confiance » d’Isabelle Filliozat, un ouvrage qui m’a donné à réfléchir sur plein d’aspects.  Le livre de Filliozat commence par une belle pirouette en tentant de définir ce qu’on appelle LE MANQUE DE confiance en soi. En fait, c’est un terme un peu bâtard qu’on utilise beaucoup, un diagnostique qu’on appose à nous même ou aux autres très communément tout comme à l’inverse on pense très facilement qu’une personne qui reste placide, nous tient tête ou démontre juste de l’ambition  à « confiance en elle ».

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Dans nos croyances, il y a cette idée qu’une personne a soit de l’assurance ou soit elle n’en a pas et cela en toute circonstance. Être stresser, transpirer, bafouiller dans certaines situations (entretien pro, exposé) c’est  la preuve qu’on manque de confiance en nous donc faibles et  blâmables alors qu’en fait  NON.  Ce que démontre Isabelle Filliozat, c’est que NOUS SOMMES NORMAUX.  On est humains et on réagit physiologiquement à des situations et la montée de stress et ces répercussions physiques en font partie, et c’est pareil pour tout le monde, à des degrés différents, certes, mais rien ne sert de se condamner à chaque fois qu’on ne peut contrôler une de nos réactions.Si on se répète trop souvent qu’on manque de confiance, on finit par le croire ! On l’intègre comme une composante inaltérable de nous même et puis  finalement on adopte cette idée qui nous sert de justificatif pour tout ce qu’on n’ose pas faire.  La définition de soi par du négatif est une forme de protection.

C’est la première idée que j’ai trouvé intéressante. Comment en utilisant un terme très commun, une pathologie majoritairement partagé pour se définir, on se condamne à l’être. C’est un peu la même chose avec les: «  je suis timide », « je suis introvertie »…. Au delà de sa nature profonde (qu’on devrait apprendre à aimer) il n y a pas de fatalité.  Il n y a rien qui devrait nous faire renoncer à demander ce que l’on veut. Avancer plus lentement que la moyenne ne veux pas dire faire du surplace.  Surtout si on sous entends « je suis comme ça, je ne suis pas comme les autres et je ne peux rien changer», on s’installe dans le piège de la justification. Il faut penser à soi, à ses besoins et mettre les stratégies en place pour avancer malgré nos manques.  Se dire qu’être timide est toujours moins handicapant que d’être con…

La deuxième idée c’est que derrière ce qu’on appelle communément « manque de confiance en soi » il existe des souffrances très profondes. Des souffrances, des colères, des mécanismes de défenses profonds et que là encore, les mots sont importants. Si tu as été brimé, maltraité, abandonné, moqué (tous ça à des degrés divers selon les personnes) ou tout simplement pas assez considéré, tu es avant tout une victime qui n’a jamais pu comprendre, exprimer son malaise ou obtenir réparation pour ce qu’elle a vécu. Tu n’es pas juste cette personne qui manque d’assurance au travail et en amour et qui se flagelle en permanence d’en manquer alors que tous les autres semblent si bien réussir.  Tu es dans un champs complexe d’insécurité ou se mêle autodestruction, culpabilité, colère sourde, renoncement à  ETRE, FAIRE, DIRE de peur de t’en prendre une autre et il faut aller explorer cette partie là, cette partie qui manque (quand il y a un manque d’un coté, c’est qu’il y a un trop plein de l’autre..) il faut se réparer, faire entendre sa souffrance. Dans ces cas là : hausser les épaules et dire « je manque de confiance  en moi » c’est s’écarter de l’origine du probleme, minimiser sa souffrance alors qu’on a le droit de lui accorder toute l’attention qu’elle mérite.

Autre réflexion intéressante dans le bouquin mais un peu moins approfondie: la confiance envers nos compétences ou le fait qu’on se brime tout seul par soumission aux lois sociales.  Plus j’y pense et plus j’ai envie d’explorer cette problématique. Notre confiance en nous est elle régulée par l’organisation de la société ? Quelle est la part qui incombe à notre ressenti et notre vécu et celle qui est maintenue par notre statut social (ou celui de nos parents avant tout) ou à la conformité de notre physique, de notre psychique ou de nos résultats et parcours scolaires ?

Ce que nous nommons « confiance en soi «  parle de notre position inconsciente dans la hiérarchie sociale. Sortons de l’idée que le manque de confiance en soi ne dépend que de l’individu sous peine de ne pouvoir nous en dégager.

 Nous sommes pétris d’interdits inconscients modelés par des lois socialement admises nous n’avons pas toujours la liberté de laisser nos compétences s’épanouir

Dans la dernière partie du bouquin Isabelle Filliozat livre tous un tas d’exercice que l’on peut faire pour améliorer sa confiance en soi au quotidien. je n’ai pas été sensible à tous (j’ai un peu de mal avec ce concept de dialogue avec mon enfant intérieur) (Ma sophrologue me la fait faire en m’hypnotisant à moitié et hum le résultat n’a pas été flagrant) (j’ai beaucoup de tendresse pour la petite fille que j’étais hein, mais me mettre à l’interpeller à haute voix et m’imaginer lui faire un câlin, c’est peut-être un peu trop pour moi)  mais il y a des conseils plus pratiques, des phrases à se répéter qui peuvent être un bon début.

Se dire je m’aime,  je vaux quelque chose,  je suis à ma place…

Ou tout simplement :

Là ou sont posés mes pieds, je suis à ma place.

( le livre existe en format poche (Marabout) ou Kindle pour 6 ou 7 euros)

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Définir le bonheur

(levé du soleil dans l’avion…du départ)

C’est dans l’avion qui me ramenait à la grisaille de Paris (image un poil clichée mais vraie en ce moment) après un petit séjour salutaire à Barcelone, en lisant le dossier sur le bonheur de Science et vie et en espérant que cela ne me porterai pas la poisse (réfléchir sur le bonheur et le sens qu’on veut apporter à sa vie dans un avion, ça me semble un peu casse gueule pour la superstitieuse que je suis) que je me suis dit que j’avais envie, moi aussi, d’écrire sur ce sujet.

Je ne suis pas une pro du bonheur, je ne sais même peut être pas ce que c’est en fait. Pas dans le sens ou je ne suis jamais heureuse mais dans celui ou il appartient à chacun de le définir et que j’ai l’impression que, à l’image de mon humeur, ma définition change d’une période à l’autre. Moi je cours souvent après un but à atteindre, des bons points et des nouvelles sensations alors que je suis la personne la plus stressée du monde (j’ai aussi une petite tendance à l’exagération..) et que probablement le jour ou j’arriverai à me poser, à ne rien attendre et à être sereine, je me rapprocherai le plus du concept de bonheur (?). En gros le bonheur est-ce que c’est un ressenti intérieur ou une satisfaction lié à un contexte extérieur ? Est-ce que c’est un peu des deux à la fois ? Dans les deux cas peut-on être heureux de façon permanente ? Est-ce une quête vaine ou indispensable ?

Dans science et vie, il y a une série d’article sur les causes psychologiques, comportementales, génétiques du bonheur. Le bonheur n’est pas vraiment défini biologiquement, on parle plutôt de prédisposition génétique à résister au stress et aux contrariétés de la vie selon que tel chromosomes ou tel gène soit court ou long, selon que le taux de tel neurotransmetteur soit faible ou fort.. Mon ancien psychiatre m’avait fait un cours sur le déficit de sérotonine qui selon lui était la cause de tous mes malheurs. C’était complètement déprimant et passionnant en même temps. Les malades de l’humeur et de l’anxiété ont au moins cette consolation, ils sont amenés à s’intéresser à des sujets fascinants. Et j’avoue même que parvenir à comprendre quelque chose à tout ce merdier- quand j’y arrive- me donne une sensation de satisfaction…

En ce qui concerne les raisons concrètes du bonheur, liées aux événements heureux de la vie, les scientifiques ont établis, qu’en moyenne, la durée de vie de cet état durait deux ans. Deux ans après un mariage, après un super nouveau job , après bébé (il ya un schéma terrifiant qui montre à quel point tu redescend vite après les un an du bébé- le summum du bonheur étant en fait la période de grossesse et l’accouchement), même le fait de gagner au loto te rends pas heureux indéfiniment (une de mes grosses illusions s’est effondrée) , un comportementaliste anglais explique qu’on a un niveau fixé de bonheur qui nous est propre et que quoi qu’on fasse on reviendra naturellement vers ce niveau. Ça laisse songeur pour les gai-luron comme moi. Dans l’avion, je me suis dit qu’honnêtement j’aimerai bien que pendant deux ans, à compter de maintenant, je ressente non stop le bien être, la félicité, la motivation, je suis sure qu’en ressentant toutes ces choses positives, je pourrai avancer, être utile aux autres, m’ouvrir d’autres voies, mais je sais bien qu’au fond ca ne marche pas comme ça. C’est une histoire d’équilibre. C’est déjà une discipline quotidienne pour éliminer les pensées superflues, les manifestations physique de l’anxiété et c’est peut être avant tout la décision que l’on prend, dans un avion, dans un lit ou sur des toilettes peu importe, d’essayer de faire ce qu’on peut pour se sentir un peu plus heureux.