Maternité #1

J’écris beaucoup, je ne publie rien ou presque, j’oublie que j’ai écrit. En faisant le tri dans mes dossiers, j’ai retrouvé deux textes rédigés il y a quelques mois. L’un à 5 mois de grossesse. L’autre (que je publierais apres) deux mois après mon accouchement. Ils ne résument évidemment pas toute ma grossesse ou mon rapport à la maternité mais sont la vérité d’un moment.

COLORPREG

Les préparatifs (juillet 2018)
Dans quatre mois le bébé arrivera. Je n’ai quasiment rien préparé. J’ai encore du temps, je peux même tout faire au « dernier moment ». On dit qu’il n’y a pas de règles…
Il n y a jamais de règles avec les mères et les enfants soit disant mais quand même.Enceinte, vous êtes prise dans ce train de la maternité ou vous devenez une passagère sensée connaitre les différentes étapes quasi instinctivement : les examens et visites médicales, les achats de vêtements et de puériculture, les annonces au monde extérieur, les démarches administratives, les aménagements du territoire pour le nouvel arrivant. J’ai pour le moment fait le strict minimum. Je ne m’y connais même pas plus en bébés qu’avant ma grossesse. Donc je ne sais toujours pas ce que je dois acheter. Dans quoi ça dors un nourrisson, comment ça se trimballe, quelle matière lui mettre lui qui sera si petit en plein hiver ?

Je n’ai pas voulu, par superstition lui acheter des habits trop tôt. Je n’ai encore reçu aucun cadeau. Je pense à toutes ces femmes de part le monde dont la grossesse n’est pas si médicalisée, si ritualisée socialement, avec cette enrobage de sucre glace. Tout n’est que magie et bonheur mais au moindre écart on rendra la mère responsable de tout. Et on porte ce poids, ces poids, cachés ou non, du bonheur et de la responsabilité. C’est un truc d’adulte la grossesse. Ne pas se laisser berner par les dessins naïfs de cigognes et de chatons qui illustrent souvent le sujet…
Quand on vous appelle « maman » avant même que votre enfant le fasse, la messe est dite.
Une maman ca gère, ca câline, ca torche, ca prends rendez vous rapidement, ca s’inquiète pour l’autre, ca SAIT . Le père a alors le champ libre pour le doute, la maladresse, les questions « bêtes », les erreurs de débutants. La fuite.
Je dois appeler la maternité pour réserver mes cours préparatoires à l’accouchement et mes examens et je bafouille comme une enfant au téléphone parce que j’ai quelqu’un de trop pressé à l’autre bout du fil. Je me dis que je vais être mère et je ne peux plus bafouiller et je culpabilise. Je n’ai pas de chambre de bébé à commander et préparer car je vis dans un deux pièces encombrés à Paris. Je n’ai pas acheté d’appart ou une maison en plaisantant avec l’agent immobilier sur cette chambre qui « sera celle du bébé ». Je me sens aux fraises. Et je n’ai pas spécialement envie d’en manger.

Mais je porte un enfant. Une petite fille. A 5 mois, elle se manifeste tous les jours. Je ne l’ignore pas. Je veux être autrement pour elle. J’aime mon corps depuis le début de ma grossesse. Je suis émerveillée de voir mon ventre pousser. Je n’aurai pas pensé que ça me chamboule autant, cet aspect physique de la chose. Ce bonheur là, il est pour moi. Mon utérus ne m’a peut etre pas transmis un savoir maternel innée mais sentir cet être qui pousse en moi c’est déjà incroyable. J’ai réussi à tomber enceinte et un être se développe à l’intérieur de moi. Je n’en reviens toujours pas.

Publié par Lori

En développement depuis les années 80.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :