Bilan culture Avril

J’aimerai prendre plus de temps pour parler de chaque chose  aimée, vue, lue mais ça m’est très difficile je crois. Le temps de me motiver, de m’organiser, une puis deux semaines passent et puis un mois et il ne me reste plus qu’à écrire un article sous la forme d’un bilan…

Mais ce n’est pas grave. Pour l’instant je vais m’en tenir à ça

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THÉÂTRE

Les 39 marches  (Le palace)J’ai vu cette pièce un samedi soir après avoir acheté les billets à la dernière minute, un peu au pif, histoire de sortir quoi…et je suis bien tombé! Les 39 marches est une parodie du film d’Hitchcock. La pièce a été  un succès en uk avant d’être adaptée en France par Eric Metayer. Quatre comédiens (3h 1f) se repartissent une centaine de rôles et reproduisent les scènes d’un film d’action et de suspense avec trois bouts de ficelles ou presque.  C’est drôle, foutraque avec beaucoup d’inventivité dans la mise en scène.

Vincent Dedienne (théâtre de l’atelier): certes j’étais déjà conquise par Vincent Dedienne avant d’aller voir son spectacle mais je suis ressorti « amoureuse ».  Je m’attendais à beaucoup rire mais j’ai été aussi émue. Emue par sa petite histoire de pamplemousse, émue par la vidéo de son premier spectacle à 14 ans, des phrases sur sa mère.. Enfin c’est drôle mais c’est tellement sincère et spirituel que c’est un rire qui touche le cœur.-Ok Vincent regarde ce que tu as fait tu me rends niaise comme pas permis. – Non mais le mec rend hommage à Marguerite Duras et à Muriel Robin dans un même spectacle, il a tout compris et je ne serai plus jamais objective à son sujet. Allez-y si vous pouvez et placez vous dans les premiers rangs, vous profiterez d’un beau spectacle 😉

 

CINÉMA

Films vus au ciné  : Médecin de campagne (thomas lilti), L’avenir (Mia Hansen-love), Merci patron ! (François Ruffin). Non je ne suis pas une instit de plus de cinquante ans abonnée à Télérama, j’ai juste des gouts ciné larges. Enfin large mais ciblée ^^.  Mais bon, d’accord j’aime le cinéma français.

Pas grand choses à dire sur L’avenir, je me suis laissé porter par l’atmosphère érudite, la présence d’Isabelle Huppert et de Roman Kolinka, le cheminement des personnages,  sans avoir grand-chose à en penser.  Cette impression en demi teinte n’est pas si désagréable au fond. J’ai beaucoup aimé Médecin de campagne comme j’avais aimé  le précédent film de Tilti « Hippocrate ».  Il ya une rigueur dans son écriture qui me plait,  sa façon de  raconter une réalité sans trop romancer, trop pontifier. Et j’aime beaucoup les histoires de médecins sans trop me l’expliquer donc ça aide.

Je suis allé voir Merci Patron ! sans trop savoir à quoi m’attendre, juste que « c’est social mais c’est très drôle aussi » ; Au final je ne crierai pas au génie, j’émets des réserves sur des séquences « trop » mises en scene mais oui c’est drôle et intéressant. Et puis c’est le genre de film solidaire qui te fait relativiser beaucoup de choses toute en te galvanisant.  Inutile de dire que cela peut- être fort utile parfois.

 

SÉRIES

Coté série j’ai pu barrer sur ma looongue liste de séries à voir  Broadchrurch et Top of the lake. Je pense qu’ il était temps !  J’ai adoré Top ot the lake et Elizabeth moss n’y est pas pour rien. J’aime ce que cette actrice dégage et j’aime le personnage féministe et courageux qu’elle incarne dans la série. Et puis l’univers mystique et cru, la rigueur esthétique de Jane Campion a fait le reste. C’est pas ultra fun cela dit, Broadchurch non plus d’ailleurs.  Ce sont deux séries dont l’intrigue implique la disparition ou la mort d’un enfant/ado. Broadchurch est plus classique dans le genre whodunit bien que revisité (comme un pot au feu dans Top chef) pour coller aux formats actuels.  C’est très efficace même si on sent venir les rebondissements un peu à l’avance (j’avais plus ou moins trouvé le tueur au bout de deux épisodes mais c’est peut -être  surement  parce que j’ai l’esprit tordue ^^). J’ai enchainé avec la saison 2  que je trouve un peu plus sensationnaliste mais tout aussi efficace. Et puis l’accent de David Tennant   ❤

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(point hormones)

Autres séries, autres ambiances: j’ai commencé la série Galavant,  la saison 4 de Girls que j’aime bien pour le moment (j’ai un rapport complexe avec cette série) (comme beaucoup de gens apparemment), The nigth manager et je me suis regardé toute  la première saison de Younger en deux soirées.

 

LIVRES

J’ai lu la Bonté mode d’emploi de Nick hornby mais j’en parlerai plus tard, commencé Therapy de David Lodge, lu quelques passages de « De la constance du sage » de Sénèque (philo), et puisqu’on en a pas mal parlé en avril, j’ai téléchargé 2 ou 3 œuvres de la Comtesse de Ségur sur le kindle, j’ai relu les malheurs de Sophie dans mon lit avec délectation. Mais je n’ai pas spécialement envie de voir le film..

 

MUSIQUE

Ça va être rapide, je suis pas du tout à jour sur les nouveautés et j’ai vu aucun concerts au mois d’avril (smiley triste). Je suis abonnée à des playlists sur spotify et je suis à la bourre sur les sessions d’écoute. J’écoute toujours un peu les mêmes trucs en fait, les mêmes chansons jusqu’à ce que je sois soulée. Mais parmi les trucs nouveaux il y a Frankie Cosmos, jeune musicienne  américaine indie pop folk qui vient de sortir son deuxième album « Next Thing » qui est très chouette.  C’est aussi accessoirement  la fille de Kevin Kline  et de Phoebe Cates  et elle est née en 1994 mais bon j’essaie de ne pas trop lui en vouloir.

 

 

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Younger : la jeunesse romancée

Le week-end dernier profitant d’un temps exécrable, d’un amoureux en goguette à Madrid et d’un projet de sociabilisation tombé à l’eau, je me suis retrouvé collée à mon canap à binge-watcher la première saison de Younger. (Younger: 2 saisons de 12 episodes- format 20 min.)

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J’avais entendu parler de cette série et de son pitch que je trouvais très prometteur dans le genre ubuesque: une femme divorcée de 40 ans  se fait passer pour une jeunette de 26 ans pour revenir sur le marché du travail. Pitch qui colle en plus parfaitement avec mes interrogations du moment en mode « tiens et si je m’enlevais dix ans et que je prenais des cours de théâtre à temps plein» (lol)

Mais quand j’ai su que c’était  la nouvelle série de Darren star alors là mon niveau d’excitation est monté d’un cran.

Je ne vous ferai pas l’offense de vous rappeler qui est Darren Star hein ? si ?

Star, l’homme providentiel à qui l’on doit Beverly hills, Melrose place et sex and the city… ou Brenda Walsh, Michael Mancini (voire sa page wikipedia pour rigoler ) et Samantha fucking Jones si vous préférez.  Bref Darren Star est cet esprit puissant et malade qui a embellit nos 90’s. Bon, je ne mets pas le soap Melrose place et SATC d’HBO (qui est une des meilleures séries de tous les temps comme chacun sait..) dans le même panier mais le point est que l’on peut toujours attendre d’une série de Darren Star un minimum de clinquant, de drama, de fantaisie, d’humour, de looks hauts en couleurs…ce qu’on pourrait appeler en somme DU DIVERTISSEMENT.

Donc Younger. Commençons par la grande question que tout le monde se pose:  arrive-t-on vraiment à croire que l’héroïne a 14 ans de moins ?
– Heuuu ça va mais en fait ça dépend…

La séquence de la transformation dans le premier épisode est fun mais j’ai passé mon temps ensuite à scruter le visage de l’actrice (qui a vraiment 40 piges sinon ça ne serait pas drôle), ses vêtements, son attitude comme si j’avais besoin de valider le truc à tout moment. Et par moment c’était vraiment « no way josay ». Pour ce qui est du look, j’ai trouvé ses tenues de jeune brooklynoise « urbanoutfitée » des pieds à la tête assez ridicules (mélanges d’imprimés, veste loose, inspiration folk et grunge, le défilé ne s’arrête jamais) (Patricia Field je te vois…).

Au niveau du comportement,  on voit l’héroïne gentiment larguée : elle ne comprend pas les références culturelles (elle ne sait même pas qui est Lena Dunham la honte !!), se servir de twitter et passe beaucoup de temps à froncer son visage montrant son incompréhension quand un jeune lui parle (c’est un peu pénible. En plus faut pas plisser du front, ca vieillit…) Elle commet des gaffes spatio-temporelles ce qui est plutôt marrant (peu de gens nées en 88 ont assisté à un concert de Nirvana..)  et elle est assez prompte  à donner son avis ou faire la morale du fait son expérience de vie et de femme.
Ce qui est intéressant finalement c’est l’illustration du principe que si tu affirme quelque chose à quelqu’un ou que tu ne démens pas une affirmation sur toi, les autres n’ont aucune raison de douter de ta bonne foi. Trafiquer un cv, s’enlever 5  ans, se créer une identité différente au fond les gens s’en foutent trop pour vérifier. On croit ce qu’on a envie de croire et beaucoup de choses qui ne nous concernent pas directement nous indiffèrent, alors… mais il faut savoir où se fabriquer des faux papiers de qualité par contre ^^

Mais pour l’immersion sociologique ça s’arrête là. Younger est une série gentille  avec des gentils personnages tout au plus caractériels mais qui ne dépassent pas la ligne rouge de la moralité (comprendre: ils ne fument pas et font l’amour en gardant leur sous vêtements, ouf) (toujours bizarre de vouloir faire une série Girl power sans arriver à dépasser les marqueurs du puritanisme) Son travail d’assistante dans une prestigieuse boite d’édition est  traité aussi subtilement que le magasine de mode l’était dans  d’Ugly betty et son petit ami est certes jeune, oui mais son profil de boyfriend idéal est calqué sur le même model que bien des bf de séries : beau, prévenant, drôle, ni lubrique, ni inconstant ou égoïste.  Et cerise sur le spacecake il est à 26 ans propriétaire de son salon de tatouage à Williamsburg (Ben voyons ! ) (cela dit le mec est tres sexy donc ce n’est pas non plus une sinécure que de regarder leur parade amoureuse hein..)

C’est sur que si la MILF du new jersey avait croisé la route de personnages comme Hannah, Jessa, ou un boyfriend comme Adam de la série Girls on aurait un peu plus rigolé. L’expérience undercover devenait un peu plus périlleuse.

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Younger Vs Girls, là  imagine tout de suite le conflit de génération, les réactions contrastées ou  épidermiques qu’on peut avoir face à des jeunes gens paumés, égoïstes, égocentriques, auto destructeurs,  inconséquents mais qui vivent dans un monde précaire et qui doivent mener leurs propres combats. On pourrait s’attendre aussi à des réflexions  de l’héroïne sur le chemin parcouru dans l’acceptation de soi.

Cela viendra peut être dans les prochaines saisons même si le dispositif de base de la série semble induire une date de péremption assez proche.

 

Fais-toi confiance

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Sois confiante et positive, voila des mots que je me répète souvent. Ils me semblent absolument nécessaires pour avancer mais j’avoue que la confiance que je m’accorde est assez bancale. Le sentiment de confiance en soi est un sentiment très profond, comme une base ancrée en nous et qui contribue à notre équilibre émotionnel, notre faculté à nous réinventer, aimer, embrasser la vie…plus j’y réfléchis, plus je pense qu’une peur primale obstrue cette confiance dite élémentaire.  J’y réfléchis mais je ne trouve pas la « solution » mais ce n’est pas grave, en attendant je lis des livres…

Il y a quelques jours, j’ai terminé « Fais-toi confiance » d’Isabelle Filliozat, un ouvrage qui m’a donné à réfléchir sur plein d’aspects.  Le livre de Filliozat commence par une belle pirouette en tentant de définir ce qu’on appelle LE MANQUE DE confiance en soi. En fait, c’est un terme un peu bâtard qu’on utilise beaucoup, un diagnostique qu’on appose à nous même ou aux autres très communément tout comme à l’inverse on pense très facilement qu’une personne qui reste placide, nous tient tête ou démontre juste de l’ambition  à « confiance en elle ».

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Dans nos croyances, il y a cette idée qu’une personne a soit de l’assurance ou soit elle n’en a pas et cela en toute circonstance. Être stresser, transpirer, bafouiller dans certaines situations (entretien pro, exposé) c’est  la preuve qu’on manque de confiance en nous donc faibles et  blâmables alors qu’en fait  NON.  Ce que démontre Isabelle Filliozat, c’est que NOUS SOMMES NORMAUX.  On est humains et on réagit physiologiquement à des situations et la montée de stress et ces répercussions physiques en font partie, et c’est pareil pour tout le monde, à des degrés différents, certes, mais rien ne sert de se condamner à chaque fois qu’on ne peut contrôler une de nos réactions.Si on se répète trop souvent qu’on manque de confiance, on finit par le croire ! On l’intègre comme une composante inaltérable de nous même et puis  finalement on adopte cette idée qui nous sert de justificatif pour tout ce qu’on n’ose pas faire.  La définition de soi par du négatif est une forme de protection.

C’est la première idée que j’ai trouvé intéressante. Comment en utilisant un terme très commun, une pathologie majoritairement partagé pour se définir, on se condamne à l’être. C’est un peu la même chose avec les: «  je suis timide », « je suis introvertie »…. Au delà de sa nature profonde (qu’on devrait apprendre à aimer) il n y a pas de fatalité.  Il n y a rien qui devrait nous faire renoncer à demander ce que l’on veut. Avancer plus lentement que la moyenne ne veux pas dire faire du surplace.  Surtout si on sous entends « je suis comme ça, je ne suis pas comme les autres et je ne peux rien changer», on s’installe dans le piège de la justification. Il faut penser à soi, à ses besoins et mettre les stratégies en place pour avancer malgré nos manques.  Se dire qu’être timide est toujours moins handicapant que d’être con…

La deuxième idée c’est que derrière ce qu’on appelle communément « manque de confiance en soi » il existe des souffrances très profondes. Des souffrances, des colères, des mécanismes de défenses profonds et que là encore, les mots sont importants. Si tu as été brimé, maltraité, abandonné, moqué (tous ça à des degrés divers selon les personnes) ou tout simplement pas assez considéré, tu es avant tout une victime qui n’a jamais pu comprendre, exprimer son malaise ou obtenir réparation pour ce qu’elle a vécu. Tu n’es pas juste cette personne qui manque d’assurance au travail et en amour et qui se flagelle en permanence d’en manquer alors que tous les autres semblent si bien réussir.  Tu es dans un champs complexe d’insécurité ou se mêle autodestruction, culpabilité, colère sourde, renoncement à  ETRE, FAIRE, DIRE de peur de t’en prendre une autre et il faut aller explorer cette partie là, cette partie qui manque (quand il y a un manque d’un coté, c’est qu’il y a un trop plein de l’autre..) il faut se réparer, faire entendre sa souffrance. Dans ces cas là : hausser les épaules et dire « je manque de confiance  en moi » c’est s’écarter de l’origine du probleme, minimiser sa souffrance alors qu’on a le droit de lui accorder toute l’attention qu’elle mérite.

Autre réflexion intéressante dans le bouquin mais un peu moins approfondie: la confiance envers nos compétences ou le fait qu’on se brime tout seul par soumission aux lois sociales.  Plus j’y pense et plus j’ai envie d’explorer cette problématique. Notre confiance en nous est elle régulée par l’organisation de la société ? Quelle est la part qui incombe à notre ressenti et notre vécu et celle qui est maintenue par notre statut social (ou celui de nos parents avant tout) ou à la conformité de notre physique, de notre psychique ou de nos résultats et parcours scolaires ?

Ce que nous nommons « confiance en soi «  parle de notre position inconsciente dans la hiérarchie sociale. Sortons de l’idée que le manque de confiance en soi ne dépend que de l’individu sous peine de ne pouvoir nous en dégager.

 Nous sommes pétris d’interdits inconscients modelés par des lois socialement admises nous n’avons pas toujours la liberté de laisser nos compétences s’épanouir

Dans la dernière partie du bouquin Isabelle Filliozat livre tous un tas d’exercice que l’on peut faire pour améliorer sa confiance en soi au quotidien. je n’ai pas été sensible à tous (j’ai un peu de mal avec ce concept de dialogue avec mon enfant intérieur) (Ma sophrologue me la fait faire en m’hypnotisant à moitié et hum le résultat n’a pas été flagrant) (j’ai beaucoup de tendresse pour la petite fille que j’étais hein, mais me mettre à l’interpeller à haute voix et m’imaginer lui faire un câlin, c’est peut-être un peu trop pour moi)  mais il y a des conseils plus pratiques, des phrases à se répéter qui peuvent être un bon début.

Se dire je m’aime,  je vaux quelque chose,  je suis à ma place…

Ou tout simplement :

Là ou sont posés mes pieds, je suis à ma place.

( le livre existe en format poche (Marabout) ou Kindle pour 6 ou 7 euros)